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5 juillet 2013

ABRUTIR la masse mais pas leurs enfants...

Quinze ans après, le constat est accablant : les prévisions de Jean claude Michéa se sont réalisées à un point tel que l’école risque à présent d’être liquidée et de fusionner avec les industries de loisirs.

Gageons qu’une minorité, garante du bon fonctionnement du système économique et politique, recevra une formation permettant de maintenir le niveau d’exigence minimum requis pour faire tourner la machine capitaliste, tandis qu’une large majorité s’abrutira devant son écran, anesthésiée par les jeux vidéo –entre autres-, aussi sérieux soient-ils.

Pour preuve : de nombreux cadres des sociétés high-tech de la sillicon Valley envoient leurs enfants dans des écoles appliquant la pédagogie dite Warldorf, dans laquelle les nouvelles technologies n’ont pas de place puisqu’elle repose avant tout sur l’ éducation physique et le travail manuel. Ainsi, nous explique un article du New york times consacré à la Warlorf School of the Peninsula : « les partisans de la pédagogie Warldorf estiment que les ordinateurs inhibent la créativité, le mouvement, les interactions sociales et la capacité d’attention. Les trois quart des parents d’élèves travaillent dans des firmes hig-tech et sont surconnectés, mais ils n’y voient pas de contradictions avec ce choix d’ éducation pour leurs enfants ». Ainsi le directeur technique d’ Ebay, des cadres supérieurs de Google, Yahoo, Apple…envoient leurs enfants dans des écoles déconnectées : « seulement du papier, des stylos, des aiguilles à tricoter, parfois de la terre glaise. De bons vieux tableaux noirs, des pupitres en bois et des encyclopédies sur des étagères contribuent à l’ambiance rétro. » Et pour cela, ils sont prêts à payer cher puisque les frais de scolarité annuels vont de 17500 à 24500 dollars. Thierry Klein, gérant d’une société qui développe des logiciels d’e-learning, analyse ce phénomène : « il y a bien sûr la conviction, étayée maintenant par de nombreuses études, que la technologie n’améliore pas, ou pas beaucoup, le niveau des élèves. Mais le facteur clé est la conviction qu’ont les parents que la technologie divertit les élèves, les détourne du savoir. Celui qui va sur internet a toutes les chances de se retrouver à faire autre chose que de la recherche (lire la bourse, les résultats sportifs, chatter su MSN…). Les concepteurs des machines que sont Google, l’Ipad ou encore eBay sont parfaitement conscients du phénomène d’addiction qu’ils créent et veulent en préserver leurs enfants. C’est d’un cynisme génial. »

Cette vision correspond tout à fait à celle des « 500 hommes politiques, leaders économiques et scientifiques de premier plan » qui s’étaient réunis à l’hotel Fairmont de San Francisco en septembre 1995 pour discuter des grandes évolutions sociales à venir.

L'emprise numérique. Cédric Biagini P 168-169

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