LIGHTWITHJC

12 décembre 2015

La puissance de l'INTENTION

Documentaire à regarder: "la puissance de l'intention".

Plusieurs intervenants sur des visions de l'existence qui valent le détour.

http://www.tistryaprod.com/

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15 novembre 2015

RESPONSABILITÉS autour du 13 novembre à PARIS

13-Novembre : l'Occident ne peut combattre le jihadisme en soutenant ses parrains !Laurent Egron

Depuis plusieurs années, j’ai pu comprendre, étayer et documenter le fait que les réseaux jihadistes sont non seulement des ennemis mortels des peuples à travers le monde, mais qu’ils sont aussi des forces clandestinement utilisées par les États occidentaux et leurs alliés du golfe Persique dans la satisfaction d’intérêts profonds inavouables. En mars dernier, dans un important article intitulé « L’État islamique, cancer du capitalisme moderne », Nafeez Ahmed avait résumé cette instrumentalisation récurrente de milices jihadistes par les principales puissances de l’OTAN et leurs partenaires afin de déstabiliser l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo, la Libye puis la Syrie. Comme l’a souligné le journaliste Marc de Miramon dans L’Humanité en juillet 2015, « [p]our Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la “guerre de civilisation” et celle contre le “terrorisme” brandies par le gouvernement [français] comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad. » Dans le contexte de cette interview, Alain Chouet désignait les pétromonarchies wahhabites, essentiellement l’Arabie saoudite et le Qatar, auxquelles la France vend des armements sophistiqués malgré leur soutien notoire aux principaux réseaux jihadistes – et pas seulement en Syrie. Soulignons-le : Monsieur Chouet est un ancien officier de renseignement qui a travaillé de nombreuses années en tant que chef du contre-terrorisme à la DGSE, les services secrets extérieurs français. Cet homme plus que tout autre sait de quoi il parle lorsqu’il affirme que nos « alliés » du Golfe sont « les parrains financiers du djihad ». Ainsi, son constat est aussi alarmant que révoltant en ce funeste 13-Novembre, dans notre France déjà meurtrie par les attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge. 

En janvier 2015, à la suite de ces attentats abominables, j’avais écrit dans un élan de rage et de tristesse que « notre actuel ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ouvertement soutenu en décembre 2012 le Front al-Nosra – c’est-à-dire la branche “syrienne” d’al-Qaïda. [À cette époque, cette organisation incluait Daech, ces deux factions s’étant séparées en avril 2013]. (…) [S]elon les informations du journal Le Monde, “la décision des États-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition [en Syrie]. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que “tous les Arabes étaient vent debout” contre la position américaine, “parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot”. “C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne”, a ajouté le ministre.” (…) Plus grave encore : en août 2014, le journal Le Monde a révélé que le Président Hollande avait ordonné aux services spéciaux français de livrer clandestinement des armes de guerre à des rebelles “modérés” en Syrie – ce qui est contraire à la Charte des Nations Unies [et à l’embargo sur les armes alors en vigueur]. Malheureusement, il s’est avéré [que, selon leCanard Enchaîné du 21 janvier 2015, la plupart] des armements livrés par les services français sont – d’une manière ou d’une autre – tombés entre les mains de groupes jihadistes, qui se réjouissent aujourd’hui de la vague d’attentats qui déstabilise la France en profondeur. » Et l’État français n’est pas le seul fautif dans ce fiasco syrien.Selon l’expert Joshua Landis, « entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie [depuis 2011] sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ». 

À partir de l’année 2014, deux parlementaires de l’opposition ont successivement dénoncé le rôle trouble des services spéciaux français dans ce conflit, l’un d’entre eux ayant même déclaré en juin 2015 sur La Chaîne Parlementaire que «la France soutient al-Qaïda en Syrie ». En effet, d’après le député Claude Goasguen, « la France [appuie] des rebelles syriens, qui sont soi-disant des rebelles démocrates. (…) Qui a récupéré les rebelles syriens démocrates ? [Le Front] al-Nosra. Qu’est-ce que c’est qu’al-Nosra, al-Nosra c’est pas al-Qaïda ? (…) [C]ertains rebelles ont été récupérés par al-Qaïda avec des armes françaises[.] (…) Monsieur [le député (PS) Olivier Dussopt], nous continuons à fournir des armes à al-Nosra, par l’intermédiaire des rebelles syriens ! Je le dis, je l’ai dit à Monsieur le Drian en Commission de la Défense, je l’ai dit à Monsieur Fabius, comme tous les autres députés [sic]. Il va falloir éclairer tout ça ! L’attitude de la France en Syrie n’est pas nette ! » Comme je l’avais souligné à l’époque, ces révélations fracassantes du député Goasguen ont été quasiment ignorées par les médias français. J’avais également relevé le fait que ce « député LR accus[ait] l’actuel gouvernement de soutenir al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra), alors que la majorité précédente, dont il est issu,s’était accommodée du fait qu’al-Qaïda en Libye (GICL) avait été intégrée aux opérations de l’OTAN ! Voila à quel niveau notre État s’est abaissé, depuis quelques années, dans sa post-“politique arabe de la France”. Néanmoins, même en cas de changement de majorité, le prochain gouvernement continuera certainement de vendre des armements sophistiqués au Qatar et à l’Arabie saoudite – qui restent les principaux soutiens du jihadisme à travers le monde. »

Plus globalement, depuis le 11-Septembre, les intérêts profonds évoqués au début de cet article représentent un nombre inestimable de milliards de dollars de bénéfices pour différentes entreprises privées, principalement générés par la soi-disant « guerre “contre” le terrorisme ». Financées à perte par les contribuables occidentaux, ces interventions militaires catastrophiques et meurtrières ont engendré d’immenses profits pour les multinationales impliquées dans ce désastre mondial – tout en déstabilisant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie centrale au point que les groupes extrémistes qui y sévissent aujourd’hui semblent inarrêtables. La catastrophe qu’a constitué jusqu’à présent cette soi-disant « guerre “contre” le terrorisme » est sans précédent : elle aurait tué au moins 1,3 millions de civils rien qu’en Irak et en « AfPak » depuis 2001, les foyers jihadistes se sont multipliés à travers le monde, et tant Daech qu’al-Qaïda semblent plus menaçants, fanatiques et enracinés que jamais. Affirmons-le clairement : dans le monde occidental, ce fléau jihadiste justifie des guerres à la légalité, à l’efficacité et à la légitimité douteuses, tout en accélérant un basculement autoritaire de nos États – ce qui s’est notamment traduit en France par la dangereuse « loi Renseignement». À l’heure où j’écris ces lignes, le Président Hollande vient de décréter l’état d’urgence national, et nul doute qu’un durcissement sécuritaire majeur est en vue – sans parler d’une escalade militaire qui aggravera certainement ces conflits trop lointains et complexes pour que les citoyens s’y opposent. Au vu de l’échec retentissant de la « guerre globale “contre” le terrorisme », il serait peut-être temps de réfléchir collectivement à son utilité, au lieu de céder à la tentation de répondre à la violence par la violence.  

Néanmoins, ces guerres auto-génératrices ne doivent plus masquer une réalité aussi cruelle que scandaleuse : depuis la fin des années 1970, des puissances occidentales majeures et leurs alliés du Golfeont soutenu l’essor des principaux réseaux islamistes à travers le monde, que ce soit de manière directe ou non selon les circonstances et les acteurs concernés. En octobre 2015, après qu’une parlementaire états-unienneait dénoncé sur CNN le soutien d’al-Qaïda par la CIA pour renverser Bachar el-Assad, un ancien officier de la CIA spécialisé dans le contreterrorisme m’a confirmé la collaboration de l’Agence avec cette nébuleuse terroriste pour faire tomber le gouvernement syrien. Récemment, j’ai étudié en profondeur l’implication massive et clandestine des services spéciaux occidentaux et moyen-orientaux dans le soutien de réseaux jihadistes combattant le régime el-Assad, dont la branche « syrienne » d’al-Qaïda. Insistons sur ce point : cet engagement clandestin de l’Agence et de ses alliés contre le gouvernement syrien implique militairement la France. En effet, en la comparant à la guerre secrète de la CIA en Afghanistan, l’éditorialiste du Point Michel Colomès a récemment écrit que les « Américains et [les] Français, depuis l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne, fournissent des armes à des islamistes réputés fréquentables. Ils ont la mémoire courte ». D’autres « islamistes réputés fréquentables » qui seraient revenus de Syrie sont-ils à l’origine de ces terribles attentats du 13-Novembre ? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, mais il est clair que ces terroristes ont agi de façon coordonnée selon un mode opératoire clairement militarisé et jihadiste – deux, voire trois kamikazes ayant actionné leurs bombes devant notre Stade de France, symbole de l’unité, de la liesse populaire et du rassemblement.

Dans notre pays meurtri par ce funeste 13-Novembre, le fait que le gouvernement français soutienne des jihadistes à l’étranger, et qu’il commerce sereinement avec leurs principaux parrains étatiques est grave, dangereux et inacceptable ! Aucune raison d’État, aucun intérêt supérieur, aucun impératif économique, diplomatique ou géopolitique ne peuvent le justifier. Ce constat doit susciter la mobilisation générale de tous les citoyens français. Nous devons faire pression sur notre gouvernement afin qu’il cesse d’armer et de soutenir les États qui répandent le fléau jihadiste à travers le monde depuis des décennies, au premier rang desquels l’Arabie saoudite et le Qatar. En effet, comme l’avait déclaré Alain Chouet dans l’interview citée au début de cet article, « ce que nous appelons “salafisme”, en arabe, cela s’appelle “wahhabisme”. Et là nous sommes à contre-emploi de manière systématique et dans toutes les situations d’affrontement militaire, puisqu’au Moyen-Orient, au Sahel, en Somalie, au Nigeria, etc., nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène terroriste. »

Mes chers compatriotes, je vous remercie d’envoyer massivement cet article au Président de notre République, à nos élus et à votre entourage, puisque l’État français et ses alliés occidentaux ne peuvent combattre le fléau jihadiste en soutenant ses parrains du golfe Persique. Ils ne pourront pas non plus lutter efficacement contre le terrorisme s’ils appuient clandestinement des réseaux islamistes pour renverser des gouvernements étrangers, comme en Libye puis en Syrie. Mobilisons-nous pour mettre en échec ces politiques profondes dangereuses et inacceptables ! 

Maxime Chaix

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14 novembre 2015

JE SUIS PARIS ?

Le terrorisme d’Etat

J’ai mal pour la France, j’ai mal pour les familles des victimes de l’attentat terroriste à Paris du vendredi 13 novembre 2015.

La France est en état de choc, le peuple est indigné, révolté. Les médias attisent la haine en sur-exposant la souffrance et les témoignages poignants de survivants. Les médias attisent la méfiance et la confrontation entre citoyens français et d’origine étrangère, sans preuves et aucun indice, les commentateurs passés en boucle à la TV désignent les coupables, selon eux les beurs (enfants d’immigrés arabes) des banlieues défavorisés sont forcément complices des terroristes de Daesh, ou seraient naturellement sympathisants.

La stratégie du choc est commencée, le président Hollande nous avertit d’effroyables représailles, l’état d’urgence nationale non appliquée depuis la 2ème Guerre Mondiale est décrétée, il faut venger la France, en d’autres termes : la guerre est déclarée. Les médias nous présentent nos amis, le Prix Nobel de la paix Obama et commandant en chef de l’armée des Etats Unis, leader de l’Otan constamment en guerres d’occupation, Netanyahu premier ministre d’Israël à la tête du génocide palestinien et la Turquie, membre de l’Otan qui aspire à se joindre à la Communauté Européenne.

Les médias nous répètent sans cesse que cette tragédie est une fatalité, prévisible même, nous sommes désemparés face au terrorisme. Les libertés citoyennes nous rendent vulnérables, sont notre faiblesse et s’empressent de nous annoncer que pour notre bien il faudra y renoncer. Contester la politique du gouvernement est un acte suspicieux, répréhensible, l’union nationale sans critiques est un devoir. La doctrine Bush qui suivait l’attentat des 3 tours qui s’effondraient à New York en 2001, « soit tu es avec nous ou tu es contre nous » est annoncée.

Les représailles des Etats-Unis suite au 11 septembre ont coûté la vie à des millions d’innocents, la traque à l’homme de Ben Laden justifiait les guerres d’occupations où bon leur semble. Alors que la destruction de l’Afghanistan, Irak, Libye, Somalie, Syrie etc., le pillage systématique du pétrole par les multinationales occidentales, la faim et la misère provoquée sont la cause du chaos au Moyen-orient, le déclencheur principal qui promouvait le surgissement des terroristes salafistes. La France soutient Al-Nosra en Syrie, les Etats-Unis fournissent des armes a Daesh, l’Arabie Saoudite et le Qatar libèrent des criminels prisonniers pour rejoindre l’armée de rebelles terroristes et Israël les soigne dans ses hôpitaux et les soutient avec des frappes aériennes en Syrie. France membre de l’Otan agresse des peuples et détruit leurs pays, le terrorisme d’Etat c’est ça.

J’ai peur pour la France, pour l’humanité des événements qui suivront cet ignoble attentat, la paix mondiale est hautement compromise depuis bien des années, les avertissements d’analystes politiques d’une 3ème Guerre Mondiale est plus que jamais à prendre au sérieux.

L’économie occidentale est en débâcle, l’hégémonie des Etats-Unis acquise suite à l’effondrement de la URSS est bien terminée. L’économie capitaliste mondialisée n’a servit qu’à appauvrir les peuples soumis à la dictature du capital et finances qui eux sont de plus en plus riches, de plus en plus puissants.

Leur projet économique occidental articulé par les traités de libre commerce souscrits en secret des citoyens, le TTIP, TTP, TISA etc. sont un nouveau paradigme de société, dans lequel les corporations transnacionales dictent les lois aux Etats, c’est la fin de la Justice Nationale, l’effondrement de la souveraineté, la fin de la démocratie. Ces traités prévoient des cabinets privés d’arbitrage non soumis aux lois nationales qui traîneraient en « justice » les Etats et forceront leur politique et même la Constitution.

L’énigme pour les prochains mois et années à venir est principalement la Chine et la Russie, puissances mondiales et rivaux de l’occident. L’Amérique Latine également qui depuis Chavez et la Révolution Bolivarienne s’est unie pour constituer une nouvelle puissance régionale radicalement opposée à l’impérialisme, ainsi que tous les peuples du monde qui ont un autre projet pour le futur, le sourire de nos enfants et le bonheur des familles, projet universel à portée de main : la paix et le respect, la solidarité entre peuples.

Ernesto Bustos, 14/11/2015

»» http://agencias.socialismo21.org/2015/11/14/le-terrorisme-detat/

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10 novembre 2015

société de DECROISSANCE ?

Absurdité du productivisme et des gaspillages

Pour une société de décroissance

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Mot d’ordre des gouvernements de gauche comme de droite, objectif affiché de la plupart des mouvements altermondialistes, la croissance constitue-t-elle un piège ? Fondée sur l’accumulation des richesses, elle est destructrice de la nature et génératrice d’inégalités sociales. « Durable » ou « soutenable », elle demeure dévoreuse du bien-être. C’est donc à la décroissance qu’il faut travailler : à une société fondée sur la qualité plutôt que sur la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition, à une humanité libérée de l’économisme se donnant la justice sociale comme objectif.

Pour une société de décroissance
 
« Car ce sera une satisfaction parfaitement positive que de manger des aliments sains, d’avoir moins de bruit, d’être dans un environnement équilibré, de ne plus subir de contraintes de circulation, etc. »

Jacques Ellul (1).

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Le 14 février 2002, à Silver Spring, devant les responsables américains de la météorologie, M. George W. Bush déclarait : « Parce qu’elle est la clef du progrès environnemental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème. (2) » Dans le fond, cette position est largement partagée par la gauche, y compris par de nombreux altermondialistes qui considèrent que la croissance est aussi la solution du problème social en créant des emplois et en favorisant une répartition plus équitable.

Ainsi, par exemple, Fabrice Nicolino, chroniqueur écologique de l’hebdomadaire parisien Politis, proche de la mouvance altermondialiste, a récemment quitté ce journal au terme d’un conflit interne provoqué par... la réforme des retraites. Le débat qui s’en est suivi est révélateur du malaise de la gauche (3). La raison du conflit, estime un lecteur, est sans doute d’« oser aller à l’encontre d’une sorte de pensée unique, commune à presque toute la classe politique française, qui affirme que notre bonheur doit impérativement passer par plus de croissance, plus de productivité, plus de pouvoir d’achat, et donc plus de consommation (4) ».

Après quelques décennies de gaspillage frénétique, il semble que nous soyons entrés dans la zone des tempêtes au propre et au figuré... Le dérèglement climatique s’accompagne des guerres du pétrole, qui seront suivis de guerres de l’eau (5), mais aussi de possibles pandémies, de disparitions d’espèces végétales et animales essentielles du fait de catastrophes biogénétiques prévisibles.

Dans ces conditions, la société de croissance n’est ni soutenable ni souhaitable. Il est donc urgent de penser une société de « décroissance » si possible sereine et conviviale.

La société de croissance peut être définie comme une société dominée par une économie de croissance, précisément, et qui tend à s’y laisser absorber. La croissance pour la croissance devient ainsi l’objectif primordial, sinon le seul, de la vie. Une telle société n’est pas soutenable parce qu’elle se heurte aux limites de la biosphère. Si l’on prend comme indice du « poids » environnemental de notre mode de vie l’« empreinte » écologique de celui-ci en superficie terrestre nécessaire, on obtient des résultats insoutenables tant du point de vue de l’équité dans les droits de tirage sur la nature que du point de vue de la capacité de régénération de la biosphère. Un citoyen des Etats-Unis consomme en moyenne 9,6 hectares, un Canadien 7,2, un Européen moyen 4,5. On est donc très loin de l’égalité planétaire, et plus encore d’un mode de civilisation durable qui nécessiterait de se limiter à 1,4 hectare, en admettant que la population actuelle reste stable (6).

Pour concilier les deux impératifs contradictoires de la croissance et du respect de l’environnement, les experts pensent trouver la potion magique dans l’écoefficience, pièce centrale et à vrai dire seule base sérieuse du « développement durable ». Il s’agit de réduire progressivement l’impact écologique et l’intensité du prélèvement des ressources naturelles pour atteindre un niveau compatible avec la capacité reconnue de charge de la planète (7).

Que l’efficience écologique se soit accrue de manière notable est incontestable, mais dans le même temps la perpétuation de la croissance forcenée entraîne une dégradation globale. Les baisses d’impact et de pollution par unité de marchandise produite se trouvent systématiquement anéanties par la multiplication du nombre d’unités vendues (phénomène auquel on a donné le nom d’« effet rebond »). La « nouvelle économie » est certes relativement immatérielle ou moins matérielle, mais elle remplace moins l’ancienne qu’elle ne la complète. Au final, tous les indices montrent que les prélèvements continuent de croître (8).

Enfin, il faut la foi inébranlable des économistes orthodoxes pour penser que la science de l’avenir résoudra tous les problèmes et que la substituabilité illimitée de la nature par l’artifice est concevable.

Si l’on suit Ivan Illich, la disparition programmée de la société de croissance n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. « La bonne nouvelle est que ce n’est pas d’abord pour éviter les effets secondaires négatifs d’une chose qui serait bonne en soi qu’il nous faut renoncer à notre mode de vie ­ comme si nous avions à arbitrer entre le plaisir d’un mets exquis et les risques afférents. Non, c’est que le mets est intrinsèquement mauvais, et que nous serions bien plus heureux à nous détourner de lui. Vivre autrement pour vivre mieux (9). »

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La société de croissance n’est pas souhaitable pour au moins trois raisons : elle engendre une montée des inégalités et des injustices, elle crée un bien-être largement illusoire ; elle ne suscite pas pour les « nantis » eux-mêmes une société conviviale, mais une anti-société malade de sa richesse.

L’élévation du niveau de vie dont pensent bénéficier la plupart des citoyens du Nord est de plus en plus une illusion. Ils dépensent certes plus en termes d’achat de biens et services marchands, mais ils oublient d’en déduire l’élévation supérieure des coûts. Celle-ci prend des formes diverses, marchandes et non marchandes : dégradation de la qualité de vie non quantifiée mais subie (air, eau, environnement), dépenses de « compensation » et de réparation (médicaments, transports, loisirs) rendues nécessaires par la vie moderne, élévation des prix des denrées raréfiées (eau en bouteilles, énergie, espaces verts...).

Herman Daly a mis sur pied un indice synthétique, le Genuine Progress Indicator, indicateur de progrès authentique (IPA), qui corrige ainsi le produit intérieur brut (PIB) des pertes dues à la pollution et à la dégradation de l’environnement. A partir des années 1970, pour les Etats-Unis, cet indicateur stagne et même régresse, tandis que celui du PIB ne cesse d’augmenter (10). Il est regrettable que personne en France ne se soit encore chargé de faire ces calculs. On a toutes les raisons de penser que le résultat serait comparable. Autant dire que, dans ces conditions, la croissance est un mythe, même à l’intérieur de l’imaginaire de l’économie de bien-être, sinon de la société de consommation ! Car ce qui croît d’un côté décroît plus fortement de l’autre.

Tout cela ne suffit malheureusement pas pour nous amener à quitter le bolide qui nous mène droit dans le mur et à embarquer dans la direction opposée.

Entendons-nous bien. La décroissance est une nécessité ; ce n’est pas au départ un idéal, ni l’unique objectif d’une société de l’après-développement et d’un autre monde possible. Mais faisons de nécessité vertu, et concevons, pour les sociétés du Nord, la décroissance comme un objectif dont on peut tirer des avantages (11). Le mot d’ordre de décroissance a surtout pour objet de marquer fortement l’abandon de l’objectif insensé de la croissance pour la croissance. En particulier, la décroissance n’est pas la croissance négative, expression antinomique et absurde qui voudrait dire à la lettre : « avancer en reculant ». La difficulté où l’on se trouve de traduire « décroissance » en anglais est très révélatrice de cette domination mentale de l’économisme, et symétrique en quelque sorte de l’impossibilité de traduire croissance ou développement (mais aussi, naturellement, décroissance...) dans les langues africaines.

On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos sociétés dans le désarroi en raison du chômage et de l’abandon des programmes sociaux, culturels et environnementaux, qui assurent un minimum de qualité de vie. On peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance négatif ! De même qu’il n’y a rien de pire qu’une société du travail sans travail, il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. C’est ce qui condamne la gauche institutionnelle, faute d’oser la décolonisation de l’imaginaire, au social-libéralisme. La décroissance n’est donc envisageable que dans une « société de décroissance » dont il convient de préciser les contours.

Une politique de décroissance pourrait consister d’abord à réduire voire à supprimer le poids sur l’environnement des charges qui n’apportent aucune satisfaction. La remise en question du volume considérable des déplacements d’hommes et de marchandises sur la planète, avec l’impact négatif correspondant (donc une « relocalisation » de l’économie) ; celle non moins considérable de la publicité tapageuse et souvent néfaste ; celle enfin de l’obsolescence accélérée des produits et des appareils jetables sans autre justification que de faire tourner toujours plus vite la mégamachine infernale : autant de réserves importantes de décroissance dans la consommation matérielle.

Ainsi comprise, la décroissance ne signifie pas nécessairement une régression de bien-être. En 1848, pour Karl Marx, les temps étaient venus de la révolution sociale et le système était mûr pour le passage à la société communiste d’abondance. L’incroyable surproduction matérielle de cotonnades et de biens manufacturés lui semblait plus que suffisante, une fois aboli le monopole du capital, pour nourrir, loger et vêtir correctement la population (au moins occidentale). Et pourtant, la « richesse » matérielle était infiniment moins grande qu’aujourd’hui. Il n’y avait ni voitures, ni avions, ni plastique, ni machines à laver, ni réfrigérateur, ni ordinateur, ni biotechnologies, pas plus que les pesticides, les engrais chimiques ou l’énergie atomique ! En dépit des bouleversements inouïs de l’industrialisation, les besoins restaient encore modestes et leur satisfaction possible. Le bonheur, quant à sa base matérielle, semblait à portée de la main.

Pour concevoir la société de décroissance sereine et y accéder, il faut littéralement sortir de l’économie. Cela signifie remettre en cause sa domination sur le reste de la vie, en théorie et en pratique, mais surtout dans nos têtes. Une réduction massive du temps de travail imposé pour assurer à tous un emploi satisfaisant est une condition préalable. En 1981 déjà, Jacques Ellul, l’un des premiers penseurs d’une société de décroissance, fixait comme objectif pour le travail pas plus de deux heures par jour (12). On peut, s’inspirant de la charte « consommations et styles de vie » proposée au Forum des organisations non gouvernementales (ONG) de Rio lors de la conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement de 1992, synthétiser tout cela dans un programme en six « r » : réévaluer, restructurer, redistribuer, réduire, réutiliser, recycler. Ces six objectifs interdépendants enclenchent un cercle vertueux de décroissance sereine, conviviale et soutenable. On pourrait même allonger la liste des « r » avec : rééduquer, reconvertir, redéfinir, remodeler, repenser, etc., et bien sûr relocaliser, mais tous ces « r » sont plus ou moins inclus dans les six premiers.

On voit tout de suite quelles sont les valeurs qu’il faut mettre en avant et qui devraient prendre le dessus par rapport aux valeurs dominantes actuelles. L’altruisme devrait prendre le pas sur l’égoïsme, la coopération sur la compétition effrénée, le plaisir du loisir sur l’obsession du travail, l’importance de la vie sociale sur la consommation illimitée, le goût de la belle ouvrage sur l’efficience productiviste, le raisonnable sur le rationnel, etc. Le problème, c’est que les valeurs actuelles sont systémiques : elles sont suscitées et stimulées par le système et, en retour, elles contribuent à le renforcer. Certes, le choix d’une éthique personnelle différente, comme la simplicité volontaire, peut infléchir la tendance et saper les bases imaginaires du système, mais, sans une remise en cause radicale de celui-ci, le changement risque d’être limité.

Vaste et utopique programme, dira-t-on ? La transition est-elle possible sans révolution violente, ou, plus exactement, la révolution mentale nécessaire peut-elle se faire sans violence sociale ? La limitation drastique des atteintes à l’environnement, et donc de la production de valeurs d’échange incorporées dans des supports matériels physiques, n’implique pas nécessairement une limitation de la production de valeurs d’usage à travers des produits immatériels. Ceux-ci, au moins pour partie, peuvent conserver une forme marchande.

Toutefois, si le marché et le profit peuvent persister comme incitateurs, ils ne peuvent plus être les fondements du système. On peut concevoir des mesures progressives constituant des étapes, mais il est impossible de dire si elles seront acceptées passivement par les « privilégiés » qui en seraient victimes, ni par les actuelles victimes du système, qui sont mentalement ou physiquementdroguées par lui. Cependant, l’inquiétante canicule de 2003 en Europe du Sud-Ouest a fait beaucoup plus que tous nos arguments pour convaincre de la nécessité de s’orienter vers une société dedécroissance. Ainsi, pour réaliser la nécessaire décolonisation de l’imaginaire, on peut à l’avenir très largement compter sur la pédagogie des catastrophes.

Serge Latouche

Professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, objecteur de croissance.
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15 octobre 2015

2015 : Le livre en sursis ?

 

 

 

L'Assassinat des livres
Par ceux qui œuvrent à la dématérialisation du monde 

Coordonné par Cédric Biagini

400 pages | 16 x 22 cm
25 euros | isbn 978-29158309-9-6

Cerné de toute part, le livre est sommé de rentrer dans l’ordre numérique. Laboratoires du futur plus innovants que jamais, multinationales du Web, géants de l’électronique, pouvoirs publics et techno-enthousiastes œuvrent de concert pour faire disparaître ce petit « cube de papier » qui fait figure de fossile à l’heure où la culture numérique s’impose partout. Bien que sa liquidation ne se fasse pas aussi vite que prévu – le marché de l’e-book peinant à s’imposer en France –, les acteurs de la chaine du livre sont de plus en plus fragilisés, même si certains croient pouvoir transférer leur métier dans un monde qui n’a pourtant pas besoin d’eux. Et ce, alors que les modes de lecture induits par le livre, au fondement de nos façons de penser et de nos manières d’être au monde, sont aujourd’hui en crise. Le livre, dans sa linéarité et sa finitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse, permet de maintenir une cohérence au milieu du chaos. Point d’ancrage, objet d’inscription pour une pensée critique et articulée, hors des réseaux et des flux incessants d’informations et de sollicitations, il est peut-être l’un des derniers lieux de résistance.
C’est ce que nous rappellent les libraires, bibliothécaires, éditeurs, auteurs, traducteurs et lecteurs, venus d’horizons divers, qui s’expriment dans cet ouvrage. Un peuple du livre, réfractaire aux illusions numériques, qui défend ce pour quoi il se bat au quotidien, à contre-courant des processus qui endommagent nos capacités de lecture, de contemplation, de réflexion, d’écoute et d’abandon esthétique, pourtant si nécessaires à la construction de soi et au bien-être collectif.

 

http://www.lechappee.org/l-assassinat-des-livres

 

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12 septembre 2015

Le triomphe du COLIBRI

Ceci est un extrait de l'article de Pierre Thiesset "Grand-messe pour la COP21". Paru dans le journal "la décroissance n°122 du mois de septembre 2015.

 

Ce à quoi veulent nous faire croire ces sommités, c'est qu'il suffirait que tout le monde y mette un peu du sien pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. "chacun d'entre nous peut par exemple utiliser des ampoules à faible consommation, des appareils qui consomment moins d'énergie, et recycler ses déchets", sermonne Kofi Annan, "la clé de la réussite sera dans le changement de comportement des concitoyens du monde, guidés par leur conscience", prêche Jean-paul Delevoye avec une tête de confesseur. "Je crois possible de voir émerger l'idée selon laquelle vivant sur une seule planète au sein de la même humanité chaque humain se sente responsable et interdépendant de l'autre même s'il ne l'aime pas." Gnagnagna. Ainsi nous pourrions "construire un océan de responsabilité individuelle, seul capable d'éteindre les tempêtes humaines annoncées". Que c'est niais...

Ces discours faussement ingénus en disent long sur la dilution de l'écologie dans le libéralisme. Tous ensemble, chefs d'Etat et de gouvernement, collectivités locales, entreprises, "citoyens du monde", mobilisons-nous pour relever le "défi" du désastre écologique. Avec la science, la Technologie et les petits gestes, nous parviendrons à décarboniser l'atmosphère. Pour les tenants du capitalisme vert, la société est lisse, sans antagonismes, sans affrontements, sans intérêts divergents, sans rapports de force; ce n'est rien d'autre qu'un agrégat d'individus, un marché d'agents rationnels où chacun s'ajuste. Où chacun vient déposer sa gouttelette dans le grand incendie. Evadé fiscal de Monaco ou paysan Burkinabé, ministre de l'écologie ou chômeur, faites tous votre petite part dans votre petit coin pour réduire votre empreinte carbone. Car "chacun d'entre nous est à un moment une particule dans l'aventure inouïe de l'espèce humaine", comme le dit la particule Edgar Morin.

Pas étonnant dès lors de retrouver l'inévitable Pierre Rabhi dans cette grande farce. C'est sa fable du colibri qui triomphe: la classe dominante l'a fait sienne. A ses côtés figurent Nathalie Kosciusko-Morizet -vice présidente du parti de Nicolas Sarkozy, la conscience tranquille-, la chanteuse Zaz- "si tu prends soin de toi tu prends soin de la terre, si tu prends soin de la terre tu prends soin de toi, et c'est juste la chose la plus importante du monde"...merci Zaz-, Captain Paul Watson- selon qui la COP21 est une opportunité pour rassembler tout le monde, regarder les problèmes, trouver les solutions"-, Claude Lelouch-"battons-nous avec toutes nos forces pour protéger ce capital", la planète-, Schwarzenegger-"le changement climatique ce n'est pas de la science fiction, c'est une bataille dans le monde réel"-, Patrick Viveret le philosophe pour "créatifs culturels", Marina Silva ou encore Muhammad Yunus, le chantre du micro-crédit qui rêve de "transformer chaque jeune en entrepreneur"...

Les pontes de l'altermondialisme ne manquent pas à l'appel: Vandana Shiva est exposée là avec quelques indigènes d'Amérique du sud portant jeans et plumes pour amener uen touche d'exotisme, et Susan George, présidente d'honneur d'Attac, estime que "c'est un grand honneur et un privilège" de participer à "cet événement extraordinaire" et d'appeler à réguler le capitalisme en compagnie du régent d'un paradis fiscal. On ne sait  quel qualificatif convient le mieux à ces cautions pseudo-rebelles qui collaborent à de telles intrigues: bouffons de la cour, laquais, ravis de la crèche? Toujours est-il que ces "autorités morales" éclectiques ont adressé une lettre aux décideurs qui prendront par à la COP21. Ils leur demandent "de réfléchir à votre rôle personnel, de vous interroger sur ce qui vous à conduit aux fonctions que vous occupez aujourd'hui, et, pour cela, de vous poser, en votre for intérieur, cette simple question: why do i care? (pourquoi je m'en préoccupe)". Sûr qu'avec de tels directeurs de conscience et de tels appels solennels,le sort de la planète est entre de bonnes mains.

Et Nicolas Hulot de conclure sous les ovations: "Quelqu'un m'a interpellé et m'a dit: "vous pouvez m'expliquer à quoi tout cela va servir?" J'ai pas encore trouvé la réponse." Allons, l'envoyé spécial pour la protection de la galaxie, vous savez très bien à quoi sert ce genre de "sommet": c'est une classique opération de dépolitisation de l'écologie. On fait blablater quelques figures médiatiques molles, on leur fait signer un texte vide, on fait croire que le climat préoccupe la classe dirigeante, et pendant ce temps, on continue à faire passer des lois Macron, on négocie la création de vastes zones de libre échange entre Europe et Etats Unis, on conforte un modèle libéral tout entier tourné vers la croissance, la compétitivité, l'innovation, on rive tous les écoliers devant des écrans, on déverse des nouvelles technologies. Et Laurent Fabius, "plein d'espérance", assure que "les choses avancent":"je crois au succès." Et les grandes lumières de notre temps se congratulent et repartent contentes d'elles-mêmes, la conscience de la foutaise accomplie.

Oh, les affidés de Hulot, laissez notre conscience tranquille! Le climat n'a pas besoin de votre violon, votre eau tiède, vos pas de danse, vos incantations et vos hosties. Votre écologie n'est qu'un supplément d'âme pour grand bourgeois, une quête de sens pour élites déboussolées, une pastille verte sur un avion de chasse. La nôtre est fondamentalement conflictuelle, anticapitaliste, subversive. Elle nécessite des choix collectifs qui rompent avec votre idéal d'accumulation illimitée du capital. Elle nécessite de repenser notre organisation sociale, politique, d'en finir avec le productivisme, avec l'industrialisation et l'urbanisation sans fin, avec les privilèges d'une minorité d'accapareurs, de s'attaquer aux menées de la Silicon Valley, de se défaire de l'emprise de la marchandise sur nos vies, de démanteler le système technicien. Elle est à l'opposée de la "transition énergétique pour la croissance verte"à base de hautes technologies, chère à Mme Royal, MM Fabius, Hollande, Annan ou Terminator. Elle est inconciliable avec les intérêts du Medef ou des parasites de Monaco. C'est pourquoi nous organisons un contre-sommet le 14 novembre prochain à Vénissieux: pour objecter vos menées. Pour maintenir les braises d'une écologie politique non inféodée. Ne serait-ce que pour notre dignité.

Pierre Thiesset.

 

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10 août 2015

Méditation de Jacques Ellul d'après l'ecclésiaste.

 

Pour être prêt à espérer en ce qui ne trompe pas, il faut d'abord désespérer de tout ce qui trompe. Tout Qohelet est là.

P. 58

 

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28 juillet 2015

L ETEAU CONTINUE DE SE RESSERER

 

Le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel de la loi sur le renseignement, et notamment sa mesure la plus contestée : l’installation, sur les réseaux et les serveurs, de dispositifs destinés à scanner les trafics téléphonique et Internet à l’aide d’algorithmes tenus secrets (http://zinc.mondediplo.net/messages/5281). En autorisant ces « boîtes noires », les « sages » (http://www.monde-diplomatique.fr/49002) entérinent la légalisation de la surveillance de masse.

Commentaire perso:

On arrête pas le progrès, voyons...

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LA LIBERTE d'après J. Ellul

la liberté est terrible 
la liberté est aventure 
la liberté est dévorante, exigeante, un combat de chaque instant car autour de nous ne cessent de se multiplier les pièges pour nous enlever la liberté mais surtout parce que la liberté en elle-même ne nous laisse aucun repos..

Jacques Ellul

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01 juin 2015

Monte HELLMAN et ses influences.

C'est dans un coffret de trois films de Monte Hellman (the shooting, l'ouragan de la vengeance, cockfighter) que j'ai eut le grand plaisir de découvrir le documentaire "plunging on alone: Monte Hellman's life in a day" réalisé par  Paul Joyce. Dans ce fabuleux entretien de 90mn il y a deux moment fort pour moi que je vais partager avec vous. Il s'agit de deux extraits de lectures de deux livres parmi ceux qui ont le plus influencé ce cinéaste indépendant devenu phare malgré l'apparent "échec commercial" de sa carrière. 

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Kracauer "theory of film or rédemption of physical reality".

Le livre est présenté par Monte Hellman.

Le cinéma y est décrit comme le premier art qui n'essaie pas de transformer la réalité pour en faire de l'art, mais qui se contente d'enregistrer la réalité. Mais finalement, qu'est-ce que la réalité?

Lecture:

Regardez ceux qui vous entourent, vous les entendrez parler, en termes très précis d'eux-mêmes et de leur environnement, on pourrait croire qu'ils ont ébaucher une réflexion mais si on commence à analyser cette reflexion on s'apercoit qu'elle ne reflète pas la réalité à laquelle ils font allusion. On s'aperçoit même qu'il n'y a aucune tentative pour ajuster cette reflexion à cette réalité. Bien au contraire. A travers ces notions l'individu essaie de supprimer toute vision personnelle de la réalité de sa propre vie, car la vie n'est à l'origine qu'un chaos dans lequel on se sent perdu. L'individu le sait inconsciemment, mais à peur de se retrouver face à cette terrible réalité. Il la recouvre donc d'un rideau de fantasmes, qui semble limpide. Peu lui importe que sa reflexion soit faussée, elle lui sert de tranchée pour défendre son existence, d'épouvantail pour chasser la réalité.

Commentaire de Monte Hellman:

Je crois que c'est ce qui m'interesse dans les films. Certains films sont de l'évasion pure. Devant eux on n'a pas à faire face à la réalité. D'autres films nous plongent au coeur même de notre existence. On les trouve souvent désagréables ou dérangeants, mais ce sont ceux qui nous sont les plus utiles,nous permettent d'accéder à ce qu' Aristote recherchait dans le théâtre: la perennité de la peur et de la pitié.

Un peu plus loin voilà le deuxième moment de lecture sur un autre auteur, un autre livre:

Monte H.: Pour moi la mort est un thème important dans la vie. C'est aussi un thème interéssant pour les films. Je crois que c'est assez révélateur.

Lecture d'un extrait de "Denial of Death" de Becker:

Pour comprendre les gens créatifs il faut savoir qu'il est en marge du savoir collectif. Son experience de la vie lui fait envisager le monde qui l'entoure comme un problème. Il lui incombe donc d'en tirer une signification. Cela vaut pour tous les gens créatifs mais particulièrement pour les artistes. L'existence devient un problème qui nécessite une solution idéale. Quand on est plus satisfait par la solution collective au problème de l'existence, il faut forger la sienne propre. Les gens créatifs trouvent leur réponse dans les oeuvres d'art. C'est leur réponse aux maux de l'existence. L'existence en général et la leur en particulier. C'est un être douloureusement isolé du monde qui l'entoure. Il doit trouver une réponse au poids de cette individuation à l'extrême, a cette isolation douloureuse. Il veut savoir comment accéder à l'immortalité en contrepartie de ses dons si uniques. Sa créativité est à la fois l'expression et la justification de son héroïsme, c'est sa religion privée. Son caractère unique lui confère une immortalité spéciale. Son au-delà n'appartient qu'à lui, pas aux autres.

 

Mon commentaire:

L'artiste ou le créatif à l'intuition fortement développée, ont le sentiment, que la réalité n'est pas l'ultime. Qu'il y a un mystère au-delà de celle-ci. C'est le moteur de leur passion secrète, percé ou avancé vers et dans ce mystère. Tenté de l'éclairé pour eux-mêmes d'abord et éventuellement pour les autres. Je dirai avec Ellul que la réalité n'est pas la vérité. Ce qui est au-dessus de la réalité ou plus important à mon sens c'est la vérité. Ne pas la trouver ou plutôt faire chemin sans elle peut être très perturbant. Cela pourrait expliqué en partie pourquoi tant d'artistes finissent par s'abîmer dans l'expression de leur recherche. Ils sont courageux et ce sont eux qui ont mon affection. J'aimerai leur dire que leur élan est le bon mais que si ils ne mettent pas l'accent sur l'appel de la vérité alors ils risquent de se brûler les ailes. 

Effectivement ce n'est pas dans le collectif qu'ils trouveront la signification du problème intérieur de leur âme et du monde. A proprement parler de "solution" je ne crois pas que ce soit par leur mains qu'ils la forgeront. Ces mains pourront au mieux la saisir mais pour se laisser porter et non pour la fabriquer ou la dominer, en faire leur chose, leur oeuvre. Croire trouver la "solution" dans ce qu'ils créent est un mirage douloureux qui amène à l'abîme. Ce qui est vrai, c'est que l'on est seul face à cet appel et que c'est l'individu seul qui doit répondre car cet appel s'adresse à chaque-un. La recherche de l'immortalité est normale mais elle ne s'aquiert pas par nos mains. La mort est là pour nous le rappeler. Rien ne peut changer cet impuissance devant elle, ni nos dons, nos meilleurs jours ou toute notre sincérité. La mort est la plus forte. Face à elle point d'héroïsme, nous sommes désarmés et désemparés. La religion, qu'elle soit personnel ou collective est aussi impuissante devant la grande faucheuse. Il y a peut-être une immortalité particulière mais sans garantie d'un meilleur, un au-delà inconnu et peu rassurant. Chaque-un le sien. Sans doute.

Mais personnellement il me semble plus sûr de confier cet à-venir à quelqu'un qui sait de quoi il en retourne. Car le seul dans l'histoire de l'humanité à y être entré et ressortit pour nous en parler. Pourvu qu'on l'écoute, et surtout qu'on l'entende.

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